24 janvier 2026 : Dimitri Aguero, notre Chef de Choeur, à propos du "Plorate Filii Israël" tiré de l'oratorio Jephté, de Carissimi
Dimitri, pourquoi avoir choisi une œuvre de Carissimi ?
Le choix d’une œuvre de Carissimi part de loin, je l’avais travaillée en tant que préparateur de pupitre en 1992, et j’avais chanté le "Et proeliabantur venti" de
son oratorio Jonas, il y a dix ans. C’était donc un compositeur qui m’avait marqué.
Carissimi n’est pas très connu parmi le grand public. Pourtant, il est vrai qu'on lui avait offert la succession de Claudio Monteverdi à Venise, preuve qu’il était très apprécié de son vivant. Et il a été le professeur qui a formé rien de moins que Marc-Antoine Charpentier et Alessandro Scarlatti.
Et pourquoi cet extrait ?
Le Jephté entier dure une vingtaine de minutes. Or, ses longs récitatifs et arias m’ont paru qu’ils ralentiraient beaucoup le rythme du concert, donc, j’ai choisi
l’un des deux extraits entre la scène de la bataille et le chœur final.
C’est quoi la scène de la bataille ?
C’est la bataille contre les Ammonites, quand Jephté demande de l’aide à Dieu pour gagner la victoire et promet de sacrifier le premier être vivant qui viendrait le
recevoir à son retour. Il pensait à son chien…… et c’était sa fille unique. Voilà, et le chœur final c’est le chant votif lamentant le sort de la fillette. J’ai préféré ne pas utiliser la
bataille, malgré son intérêt comme musique descriptive, un peu comme l’avait fait Clément Janequin avec sa célèbre « La Bataille », donc mon choix a porté sur le chœur final, d’une grande
délicatesse et d’une beauté céleste.
Dimitri, je suis un peu perplexe, le Pape n’avait-il pas décrété de bannir la musique instrumentale des églises ?
Pas totalement, ce n’était pas le Pape mais le Concile de Trente en 1562 qui avait limité certains excès ; parler d’interdiction, c’est un raccourci pas très juste.
Mais Jephté a été écrit en 1648, la même année de la signature du traité de Westphalie. Or, l’église protestante avait utilisé la beauté de la musique d’église comme outil de prosélytisme. Il
était normal que la Contre-réforme utilise aussi des arguments artistiques, comme la somptuosité des églises et la beauté de la musique.
Merci, Dimitri
23 novembre 2025 : Assemblée générale de Choeur ARSIS, puis répétition
le Chœur Polyphonique ARSIS a entamé son deuxième dimanche de travail.
L'Assemblée générale, tout d'abord ! Le bilan d'activités de la saison 2024-2025 a été présenté, les comptes de résultats 2024-2025 ont été approuvés, les membres ont donné le quitus à la gestion de l’Association, reconduit le Bureau, et approuvé le budget prévisionnel 2025-2026, intégrant une augmentation de cotisation, la faisant passer à 250 € (donne droit à une déduction fiscale, à hauteur de 66%).
Ensuite, la répétition. Nous avons travaillé le Hodie Christus Natus est de Sweelinck (ça tombe bien, c’est bientôt Noël) avec Dimitri et notre pianiste Claire.
Après un délicieux repas qui a redonné la pêche aux choristes, nous avons travaillé La Vergine dell’Angeli de Verdi, le Laudate Dominum de Mozart, et finalement le Magnificat de Durante au complet.
Nous n'avons pas vu le temps passer, et on s'est vite donné rendez-vous pour la répétition du jeudi 27 novembre, avec la fin du Hodie et la fin du motet Dixit Maria de Leo Hassler.
25 octobre 2025 : Commentaires de Dimitri Aguero, notre Chef de Chœur, à propos de l’œuvre "Hodie Christus natus est", de Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621, Organiste et Compositeur Néerlandais)
Dimitri, pourquoi avoir choisi cette œuvre ?
Pour deux raisons. Tout d’abord, parce qu’elle est belle, joyeuse, et pleine d’énergie. La deuxième, c’est quelle présente une série de défis techniques qui feront progresser techniquement ARSIS.
Lesquels ?
L’alternance entre rythmes ternaire et quaternaire, l’effet d’imitation d’instruments par les choristes, un peu comme Jannequin le fait dans « Le Chant
des Oyseaulx », en imitant des oiseaux… le besoin de flexibilité dans le phrasé, dans un contexte polyphonique...
Que peux-tu nous dire de l’œuvre ?
C’est un œuvre d’école franco-flamande tardive, charnière entre la Renaissance et le Baroque, publiée dans le recueil Cantiones Sacrae, publié en 1619.
C’est donc une œuvre de transition…
Oui. Cette transition se fait imperceptiblement et partout en Europe; des précurseurs publient des œuvres au style similaire et épaulées par des instruments, comme la « Missa sopra Ecco sì beato giorno » d’Alessandro Striggio, à Florence, qui date de 1565 ; ou bien la « Sacrae symphoniae » de Giovanni Gabrielli, à Venise, datant de 1597… La musique d’église de l’époque de Sweelinck n’est plus exclusivement a cappella, et des instruments accompagnent les chanteurs. Dans notre version a cappella, les choristes ont des instructions d’émettre certains passages avec un timbre ressemblant à des trompettes, car la structure de l’œuvre le demande.
C’est une œuvre pour Noël…
Oui, elle était chantée aux vêpres du service de Noël. Le texte a ses origines dans l’Evangile de Luc, mais ce qui est étrange, c’est que Sweelinck, de confession calviniste, ait gardé le texte en latin.
Pourquoi Sweelinck n’est pas très connu ?
Probablement parce qu’il menait une vie modeste. Il était un compositeur de paroisse, et il ne voyageait pas. A sa mort, les goûts du public avaient changé. Tous ces facteurs ont probablement joué.
Je suis heureux de donner une place dans le répertoire d’ARSIS à cet excellent compositeur.
7 septembre 2025 : Participation au Forum des Associations de la Mairie de Garches
Le Choeur ARSIS a participé activement au Forum, ce qui a permis de recruter 5 nouveaux choristes.